jeudi 7 mai 2015

Accusations de pédophilie au centre équestre d’Epieds, dans l’Eure : une victime témoigne

Témoignage. Amandine, 30 ans, affirme avoir été victime d’abus sexuels du directeur du centre équestre d’Epieds dans l’Eure il y a 21 ans.

Pascal Broute, le directeur du centre équestre d’Epieds dans l’Eure, est actuellement incarcéré à la maison d’arrêt d’Evreux. Mercredi 22 avril, après 48 heures de garde à vue, il a été mis en examen et écroué pour « agressions sexuelles et viols sur mineures de 15 ans par personne abusant de l’autorité que lui confèrent ses fonctions ». Quatre jeunes filles ont déposé plainte contre lui. Le suspect se défend de ces accusations et conteste tous les faits présumés commis sur ces mineures qui se seraient déroulés durant plusieurs années.

 

 

« Il n’est jamais parvenu à aller plus loin »

Amandine a aujourd’hui 30 ans. Mère d’un petit garçon, elle vit en couple dans l’Eure et travaille dans le commerce. Hier, son passé l’a rattrapée lorsqu’elle a lu notre journal et appris la mise en examen et le placement sous mandat de dépôt de Pascal Broute. « Il y a 21 ans, j’avais alors 9 ans, j’étais à la place de ces jeunes filles. Moi aussi, malheureusement, j’ai été abusée en 1994 par cet homme, confie la jeune femme. J’allais au club tous les mercredis. Ma mère qui travaillait en équipe me déposait très tôt et j’y passais toute la journée. À plusieurs reprises, durant l’année, il a eu un comportement malsain avec moi, il passait ses mains sous mon tee-shirt, dans ma culotte, il me faisait monter sur ses genoux. C’était très malsain. J’étais toujours obligée de le repousser. Il n’est jamais parvenu à aller plus loin. »

« À l’époque on ne parlait pas de pédophilie »

Selon la mère de famille, parmi le groupe de filles avec qui elle faisait du cheval, certaines auraient également subi des abus sexuels de la part de Pascal Broute. Mais aucune à l’époque n’a porté plainte contre lui. « C’était une période où on ne parlait pas de ça, on ne parlait pas de pédophilie, et les parents étaient sans doute moins vigilants que maintenant. J’en ai toutefois parlé à ma mère qui immédiatement m’a changée de club. Cela peut paraître inconcevable de ne pas avoir porté plainte mais il y avait une sorte d’omerta à la maison à ce sujet. C’était un sujet tabou. »

En 2007, elle a appris par la presse que Pascal Broute avait été condamné par le tribunal correctionnel d’Évreux pour des agressions sexuelles sur mineures à 8 mois de prison assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve et d’une obligation de soins. « Je n’ai pas été étonnée, mais à cette période, je venais d’avoir mon fils, je n’ai pas eu le courage de replonger dans ce passé douloureux, le courage d’aller voir la justice. Je voulais oublier ça... Mais aujourd’hui, à 30 ans, je me sens plus forte et lorsque je lis qu’il a continué, que d’autres filles ont été victimes de ses agissements, je me dis que c’est dramatique », explique Amandine, la gorge nouée.

« C’est comme si vous mettiez un alcoolique au milieu d’un bar »

« Pascal Broute est un pervers, un malade. Un vrai malade, poursuit-elle. Je ne comprends pas comment en 2007, la justice ne lui a pas interdit d’être en relation avec des mineurs, avec des jeunes. C’est comme si vous mettiez un alcoolique au milieu d’un bar... C’est incompréhensible. »
Amandine envisage de se rendre à la gendarmerie dans les prochaines heures pour déposer plainte contre Pascal Broute. Les faits ne sont pas prescrits. « Je ne le fais pas pour moi, je le fais pour les autres, pour qu’il ne recommence jamais. » Elle craint, comme le père d’une des victimes présumées interrogées hier par notre rédaction, que la liste des petites proies s’allonge au fil de l’information judiciaire.

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