Justice. Le mari d’une nounou du Tréport a été condamné par le tribunal correctionnel de Dieppe à quatre ans de prison pour avoir agressé sexuellement trois petites filles.
Fait rare, une affaire d’agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans n’a pas été jugée à huis clos, mardi, au tribunal correctionnel de Dieppe. Les victimes sont deux sœurs de 10 et 5 ans et une troisième petite fille de 5 ans. Le prévenu est l’époux de leur nounou, au Tréport. Elles l’appelaient « Papy », « parrain » ou « petit cœur ». Alain Guillot, 63 ans, semblait affectueux avec les enfants.
Tellement gentil, qu’une famille le choisit même comme parrain de leur plus jeune fille.
C’est justement elle qui met fin aux agissements de ce pâtissier à la retraite le 21 juin 2014. Ce soir-là, la petite de cinq ans pleure et raconte à sa mère que son parrain a mis « sa main dans la culotte et un doigt dans la « nénette ». Elle parle d’une douleur. Interrogée, la sœur aînée craque et raconte une histoire sensiblement identique. À plusieurs reprises, le mari de sa nounou aurait eu ce geste très déplacé depuis qu’elle a neuf ans. Elle parle de gestes de va-et-vient. L’expertise gynécologique ne révèle pas de trace de pénétration « profonde ». Interrogée, une troisième petite fille, de cinq ans, raconte la même histoire. Sa petite sœur, de trois ans, a même été témoin d’une des agressions.
« Je ne peux pas expliquer, c’est tout »
Lorsque la juge l’interroge sur les raisons de ses actes, l’homme répond « Je ne peux pas expliquer, c’est tout. » Lors des auditions il a tout de même mentionné une « attirance pour la pureté des enfants et un léger plaisir » lors des passages à l’acte. L’homme se serait retiré après chaque agression pour se masturber. Il profitait à chaque fois d’un moment d’inattention de son épouse. Selon ses propos, il aurait agressé trois fois la plus grande, une fois sa petite sœur et trois fois l’autre enfant. Mais d’après la maman des deux sœurs, il y aurait eu d’avantage d’agressions. Les autres enfants en garde chez le couple ont été interrogés mais aucune autre victime n’a été identifiée.
Aujourd’hui, les parents parlent d’enfants traumatisées, de cauchemars, de pleurs lorsqu’elles passent devant la maison de leur agresseur qui habite à cent mètres de l’école. Selon l’expert-psychiatre qui a examiné le prévenu, il souffre de paraphilie pédophile et d’une dépression sévère, sans que cela n’ait altéré son jugement. Sans traitement il pourrait récidiver, mais il serait curable. L’homme n’a pas de casier. L’avocat de la troisième petite fille réclame 8 000 € de dommages et intérêts et un euro symbolique pour les parents. L’avocate des deux sœurs réclame dix mille euros par enfant et trois mille euros pour la mère.
La procureur a réclamé quatre ans de prison ferme, une interdiction de pratiquer une activité salariée ou bénévole en lien avec les mineurs, une interdiction de séjour au Tréport de sept ans, un suivi socio-judiciaire de cinq ans et, en cas d’inobservation, dix-huit mois de prison ferme. Pour la défense, le prévenu est avant tout un homme malade qui a souhaité mettre fin à ses jours en réalisant l’horreur de son geste. Il a plaidé pour une peine moins lourde et un suivi médical.
Mandat de dépôt à l’audience
Les juges le condamnent finalement à quatre ans de prison avec délivrance d’un mandat de dépôt compte tenu de « la réitération des faits »
ainsi qu’une interdiction d’exercer une activité en lien avec les
mineurs pendant sept ans, une interdiction de séjour au Tréport pendant
sept ans et un suivi socio-judiciaire de sept ans avec une obligation de
soin. Le prévenu encourt deux ans de prison en cas de non-respect.
L’homme est également inscrit au fichier des délinquants sexuels. Il
doit également verser 8 000 € à chaque fillette, 2 000 €à la maman des
deux sœurs, un euro à chaque parent de la troisième fillette ainsi que
900 € de frais de procédure à chaque famille.
Source : Paris Normandie.fr

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire