Eric Mouzin, père d'Estelle “Toutes ces fausses pistes, c'est fatiguant”
Monique Olivier aurait avoué à l’une de ses
codétenues avoir menti sur l’alibi de son ex-mari, Michel Fourniret.
Mais face à la police, elle n’est pas revenue sur sa déposition
initiale.
Placée hier en garde à vue à Rennes, l’ex-femme de Michel Fourniret,
Monique Olivier, 66 ans, n’est pas revenue sur l’alibi de son mari, le 9
janvier 2003 : selon elle, le tueur en série aurait donc été à la
maison avec elle, en Belgique, à quelque 400 kilomètres du lieu de
l’enlèvement, en Seine-et-Marne. Et il aurait bien téléphoné à son fils
d’un précédent mariage, à 20 heures, ce soir-là. Impossible cependant de
retrouver aujourd’hui cette communication téléphonique. C’est ce que
déplore le père d’Estelle,
Eric Mouzin qui estime que le temps efface les preuves et qui regrette
qu’il n’y ait pas eu, à l’époque, une meilleur transfert d’information
entre les services belges et français.
Eric Mouzin “On a l'habitude du scoop à la veille de la journée internationale des enfants disparus”
Eric
Mouzin a choisi de rester stoïque à chaque annonce d’une nouvelle
piste concernant la disparition de sa fille à Guermantes. « On a
l’habitude du scoop à la veille de la journée internationale des enfants
disparus, le 25 mai et à quelques jours de l’anniversaire de la disparition d’Estelle,
le 9 janvier. On n’a pas de prise sur ce timing. » Pour lui, il n’ y a
qu’un seul intérêt à cette récurrente mise en lumière de l’affaire à
travers les médias : « les enquêteurs restent mobilisés et jugent que
toute information même infime, mérite d’être approfondie, pour un jour,
obtenir un résultat ». Il ajoute : « Mais, toutes ces fausses pistes,
c’est fatiguant… »
Déjà, en 2008, on
avait fouillé la cave d’un restaurant de Brie-Comte Robert où des petits
ossements supposés humains, appartenaient en réalité à un animal. Puis,
en 2009, une photo sur un site pédophile créé en Estonie présentait des
similitudes physiques avec Estelle mais l’âge ne correspondait pas. En
2010, l’expertise des scellés de morceaux de lacets blancs et de gants
noirs fournis par la police belge après l’arrestation de Fourniret n’a
rien donné. En 2011, un pervers sexuel sexagénaire incarcéré à la santé a
été dénoncé par son codétenu. En 2012, une valise renfermant des
coupures de presse sur l’affaire a été retrouvée dans un hôtel de
Besançon. Mais son propriétaire, un jeune homme de 20 ans, n’avait que
11 ans au moment des faits. En 2013, retour sur l’affaire Fourniret.
Après deux ans d’analyse, les 4000 poils et cheveux retrouvés dans la
camionnette blanche du tueur ne recelaient pas l’Adn d’Estelle… De quoi
amener les enquêteurs à vouloir coûte que coûte découvrir la vérité sur
la mystérieuse disparition de la fillette de neuf ans, à la sortie de
l’école de Guermantes, il y a déjà douze ans.
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