L’homme était un habitué d’un site internet
“ pédoporno ” basé en Russie. Les enquêteurs ont aussi trouvé des photos
qu’il avait faites avec une petite fille de 2 ans en utilisant son
téléphone.
Il lui a fallu attendre d'être à la barre du tribunal pour sans doute mesurer l'ampleur des faits qui lui sont reprochés. S., un homme de 37 ans habitant le sud Gâtine, avait à répondre hier au tribunal correctionnel de Niort de consultation de photos pornographiques de mineurs sur un site internet ; de détention, d'enregistrement, de transmission, de captation d'images du même type ; de corruption et d'agression sexuelle imposée à un mineur de moins de 15 ans. S. n'est pas de ces prévenus qui maîtrisent les codes de l'audience. C'est la première fois qu'il se retrouve ici, son casier judiciaire est vierge de toute condamnation.
Repéré par les gendarmes
C'est un service spécialisé de la gendarmerie qui lui a mis la main dessus. L'homme consulte régulièrement et de plus en plus fréquemment un site russe hébergeant des images pédopornographiques. La suite est presque un jeu : son adresse IP et donc physique est rapidement identifiée. Les gendarmes de Parthenay interviennent.
Ordinateur, disque dur externe, clés USB sont perquisitionnés et envoyés dans un laboratoire spécialisé pour expertise. Celle-ci a mis en évidence la présence de 298 images, d'aucune vidéo. Elle a permis d'établir que le site russe a été consulté à 6.000 reprises. Mais plus grave, les experts ont également trouvé sur le disque dur des photos faites avec le téléphone portable du prévenu et envoyées depuis le PC via Skype. Des photos ? Pas n'importe lesquelles ! Elles ont été faites avec la fille de sa compagne, alors âgée de 2 ans. Il s'agit d'une mise en scène à deux sans équivoque dont on vous épargnera les détails.
" Un fichier envoyé par erreur "
Devant les gendarmes, lors de l'enquête, S. a reconnu les faits, avoir navigué sur ce site, dialogué avec des personnes extérieures. Disant s'être fait piéger. « Je suis tombé par erreur sur ce site. Les téléchargements ont été faits à mon insu », leur a-t-il dit. A la barre, il explique : « J'utilisais également ce site pour mes photos de voitures. Les photos de la petite, c'est un fichier que j'ai envoyé par erreur ».
« Votre parole n'est pas crédible », lui fait remarquer le président Gérald Faucou. Lui demandant : « Mais pourquoi vous être mis en scène avec elle ? ».
Réponse du prévenu : « Avec les psys, on étudie la raison de ce problème ».
Le président : « Le virtuel ne vous suffisait plus ? Vous comptiez faire quoi de ces photos ? ».
S. : « Les supprimer ».
Le procureur, Nicolas Leclainche : « Et qu'est-ce qui nous prouve que vous n'êtes pas allé plus loin avec cette enfant ? »
S. : « Non, ça n'est pas allé plus loin ».
" Un risque de récidive "
Le prévenu essaie d'expliquer son comportement par des abus sexuels commis sur sa personne par son père entre 7 et 10 ans. L'expertise psychiatrique le mentionne, mais précisant également « qu'il essaie de minimiser sa responsabilité dans cette affaire. Il y a un fort risque de récidive. Il reste dangereux sur le plan social ».
Après avoir entendu l'avocat de la partie civile, les réquisitions du procureur, la plaidoirie de la défense et en avoir délibéré, le tribunal a condamné S. à un an de prison ferme, un suivi sociojudiciaire de cinq ans et une interdiction de contacter des mineurs.
Source : La Nouvelle République.fr

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