jeudi 14 mai 2015

Agresseur sexuel depuis ses treize ans, le sexagénaire condamné pour la première fois

Mario a violé sa sœur alors qu’il n’avait que 13 ans. Elle en avait six. Au cours de sa vie, il a ensuite fait au moins quatre autres jeunes victimes dans sa famille. Hier, à 60 ans, il a été condamné pour la première fois. Il est désormais incarcéré pour les six ans qui viennent.


Des pleurs. Une jeune femme craque dans l’assistance. Au troisième rang de la salle d’audience du TGI de Saint-Denis, toute une famille est venue assister au procès en correctionnelle de Mario, 60 ans. Les mines sont graves. L’entourage du sexagénaire est marqué. Pendant toute sa vie, Mario a agressé sexuellement ses proches. Sa sœur a été sa première victime en 1968. Il n’avait que 13 ans et elle 6. Une procédure avait été lancée mais n’avait, à l’époque, pas abouti. Il avait expliqué qu’ils jouaient « au papa et à la maman ». « Comme tous les enfants », précise Me Henri Moselle, son avocat. Bien plus tard, c’est la fille de cette sœur abusée que Mario agresse sexuellement. Il s’en prend également durant un an, entre 1992 et 1993 à sa propre fille alors âgée de 10 ans. Elle s’était alors confiée à une amie sans que la justice ne rattrape le père incestueux. Comme il jouit d’une impunité, Mario recommence. Une nièce et un neveu. C’est ce dernier qui, en 2013 dénonce les faits. 

Les secrets de famille jusqu’alors enfouis refont soudain surface.

Mario est mis en examen et écroué à Domenjod. Le viol de sa sœur est prescrit. À la barre, celui qui avait reconnu en garde à vue puis crié au complot durant l’instruction finit par admettre qu’il est bien l’auteur de ces agressions. « Je regrette beaucoup », dit-il.
Yves Moatty lui demande des précisions. Mario répond : « Je suis fatigué, j’ai des trous de mémoire. J’avais des pulsions et je buvais. » L’expert psychiatre l’a décrit comme le « père incestueux typique ». Ses victimes restent marquées. Me Aurélien Rochambeau, en partie civile, dépeint la scolarité chaotique d’une fillette, élève de CM1 : « Elle a toujours des absences. » Me Patrice Selly également en partie civile plaide : « Il a détruit des vies dont celle de sa propre fille aujourd’hui âgée de 32 ans. » Christophe Gourlaouen, pour le parquet, estime : « Il a eu un sentiment d’impunité. Ça a duré pendant plus de 20 ans. Dès qu’il y avait un enfant dans son environnement, cela devenait une victime potentielle. » Me Moselle, lui, minimise : « Il a fait le con. » Puis il explique l’alcoolisme par la perte de son travail de soudeur en métropole : « Il buvait jusqu’à 1 litre de whisky par jour. » Mario demande pardon et ajoute, comme s’il n’avait agi qu’une fois : « L’erreur est humaine. » Il est condamné à 6 ans de prison ferme et à un suivi socio-judiciaire pendant 5 ans.

Source : Clicanoo.re

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