Mario a violé sa sœur alors qu’il n’avait que 13 ans. Elle
en avait six. Au cours de sa vie, il a ensuite fait au moins quatre
autres jeunes victimes dans sa famille. Hier, à 60 ans, il a été
condamné pour la première fois. Il est désormais incarcéré pour les six
ans qui viennent.
Des pleurs. Une jeune femme craque dans l’assistance. Au troisième
rang de la salle d’audience du TGI de Saint-Denis, toute une famille est
venue assister au procès en correctionnelle de Mario, 60 ans. Les mines
sont graves. L’entourage du sexagénaire est marqué. Pendant toute sa
vie, Mario a agressé sexuellement ses proches. Sa sœur a été sa première
victime en 1968. Il n’avait que 13 ans et elle 6. Une procédure avait
été lancée mais n’avait, à l’époque, pas abouti. Il avait expliqué
qu’ils jouaient « au papa et à la maman ». « Comme tous les enfants »,
précise Me Henri Moselle, son avocat. Bien plus tard, c’est la fille de
cette sœur abusée que Mario agresse sexuellement. Il s’en prend
également durant un an, entre 1992 et 1993 à sa propre fille alors âgée
de 10 ans. Elle s’était alors confiée à une amie sans que la justice ne
rattrape le père incestueux. Comme il jouit d’une impunité, Mario
recommence. Une nièce et un neveu. C’est ce dernier qui, en 2013 dénonce
les faits.
Les secrets de famille jusqu’alors enfouis refont soudain
surface.
Mario est mis en examen et écroué à Domenjod. Le viol de sa sœur est
prescrit. À la barre, celui qui avait reconnu en garde à vue puis crié
au complot durant l’instruction finit par admettre qu’il est bien
l’auteur de ces agressions. « Je regrette beaucoup », dit-il.
Yves Moatty lui demande des précisions. Mario répond : « Je suis
fatigué, j’ai des trous de mémoire. J’avais des pulsions et je buvais. »
L’expert psychiatre l’a décrit comme le « père incestueux typique ».
Ses victimes restent marquées. Me Aurélien Rochambeau, en partie civile,
dépeint la scolarité chaotique d’une fillette, élève de CM1 : « Elle a
toujours des absences. » Me Patrice Selly également en partie civile
plaide : « Il a détruit des vies dont celle de sa propre fille
aujourd’hui âgée de 32 ans. » Christophe Gourlaouen, pour le parquet,
estime : « Il a eu un sentiment d’impunité. Ça a duré pendant plus de 20
ans. Dès qu’il y avait un enfant dans son environnement, cela devenait
une victime potentielle. » Me Moselle, lui, minimise : « Il a fait le
con. » Puis il explique l’alcoolisme par la perte de son travail de
soudeur en métropole : « Il buvait jusqu’à 1 litre de whisky par jour. »
Mario demande pardon et ajoute, comme s’il n’avait agi qu’une fois :
« L’erreur est humaine. » Il est condamné à 6 ans de prison ferme et à
un suivi socio-judiciaire pendant 5 ans.
Source : Clicanoo.re

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