vendredi 29 mai 2015

Belgique : 25 ans requis contre le père abuseur

L’enfer sur terre existe. Caroline (prénom d’emprunt), une jeune fille de Jumet, l’a vécu durant cinq longues années. Et c’est son propre père qui tenait le rôle du démon.
Jean-Claude M. n’en était pourtant pas à sa première victime. Père d’une famille de dix enfants (dont deux sont décédés), il a violé sa fille aînée durant plusieurs années, entretenant avec elle ce qu’il appelait «une relation amoureuse». Ces abus sexuels se déroulaient souvent en présence de Myriam, la mère de la victime, qui participait elle aussi aux ébats…

Pour ces faits abjects, le couple a écopé de 5 ans de prison. Mais, par une décision incroyable, la garde de leurs enfants leur a été laissée. C’est ainsi que Caroline, la cadette de la famille, a subi, elle aussi, les assauts quotidiens de son père lubrique et pédophile.

Ce mercredi, le couple de Jumet était de retour devant le tribunal correctionnel. Cette fois, Myriam est poursuivie «uniquement» pour non-assistance à personne en danger. Mais elle nie avoir été au courant des viols sur sa cadette, alors qu’elle participait autrefois à des parties à trois avec son aînée.  

«Elle est aussi détraquée que lui, a grondé Me Mohymont, tuteur ad hoc de la petite Caroline. Elle a vécu un calvaire indescriptible, au-delà de ce qui est humainement supportable. Dans ses déclarations, elle explique qu’il la violait jusqu’à la faire saigner. Elle dit avoir ressenti ça comme un couteau planté dans le vagin. Le pis, c’est qu’il parle de sa fille en termes orduriers, ce qui prouve bien qu’il la considérait comme un objet sexuel.»

Me Mohymont a finalement réclamé 25.000€ de dommages, vu les séquelles irréversibles de sa jeune cliente. «Mais je sais qu’ils sont insolvables et que c’est la société qui paiera, à travers le fonds d’aide aux victimes», a conclu l’avocat.

Au parquet, la substitut Mottard a estimé que Myriam était forcément au courant des faits, d’autant que Caroline s’automutilait et souffrait de crises de spasmophilie. «Le prévenu, lui, affirme qu’il voulait revivre l’histoire d’amour vécue avec son aînée. Mais Caroline n’était pas d’accord. Elle ne jouissait pas comme son autre victime, mais il a continué quand même», a précisé la magistrate, avant de requérir le maximum pour le récidiviste, soit 25 ans de prison, avec une mise à disposition du gouvernement. Pour Myriam, le parquet a réclamé 4 ans.

«Il n’est pas question de clémence, mais d’une peine juste, a enchaîné Me Gras, conseil de Jean-Claude. Juger, c’est comprendre et personne ne comprend ce qu’il a fait, pas même lui. Il ne fonctionne pas comme nous. L’expertise psychiatrique, il n’y a rien compris.»

Me Knoops, qui défendait la mère, a pour sa part plaidé l’acquittement. Selon l’avocat, il faut se remettre dans le contexte de cette famille du quart-monde, où l’on ne parle pas et où les rôles sont stéréotypés. «Cela dépasse notre éducation, mais il est possible qu’elle n’ait rien vu. Il n’y a pas de preuves du contraire, en tout cas.»

Jugement le 10 juin.

Source : L'avenir.net

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